Rêver de Cerises : signification et interprétation
Pour surmonter une difficulté, on a recours à un litige; en outre, les cerises sont un symbole érotique.
Que l'on cueille : on se fera de bons amis.
Que l'on mange : joie et gain.
Acides que l'on mange : déception en amour.
Pourries : calomnie.
« Le temps des cerises » : la chanson a fixé pour toujours la brièveté de la saison — trois semaines de fruits, pas une de plus, et l'année entière pour s'en souvenir. Rêver de cerises mûres porte cette urgence douce : ce qui est bon ne dure pas, et ne repasse qu'à date fixe. Le songe visite les périodes fastes qu'on n'ose pas savourer de peur de les perdre — et leur oppose la sagesse du cerisier : la brièveté n'est pas un défaut de la saison, c'en est le prix. Les amours, les étés, les chances ont leurs trois semaines. La chanson le dit sans détour : il faut les cueillir en leur temps — le regret des cerises se porte toute la vie, mais il se porte mieux quand on les a mangées.
La cerise sur le gâteau : le détail final qui couronne — ou, par ironie, le comble qui achève. La langue a fait de ce petit fruit posé au sommet l'image du surplus décisif : ce qui ne nourrit pas mais parachève. Rêver qu'on pose une cerise sur un gâteau, ou qu'on la retire, travaille le rapport aux finitions : les touches finales qu'on néglige par fatigue — le merci, la relecture, le geste en plus — et qui font pourtant toute la différence entre le correct et l'accompli. Le songe inverse a son sel : le gâteau raté qu'on espère sauver par la cerise. Aucune finition ne rattrape un fond manqué — la cerise couronne, elle ne répare pas.
Les noyaux de cerise ont leur folklore : concours de crachats d'été, comptage sur le bord de l'assiette — je t'aime un peu, beaucoup —, et la vieille frayeur enfantine du noyau avalé qui ferait pousser un arbre dans le ventre. Rêver de noyaux — les cracher, les compter, en avaler un — ramène ce cortège d'enfance avec sa question cachée : que fait-on du dur au cœur du doux ? Chaque plaisir a son noyau — la part non comestible, à recracher sans drame ou à compter pour lire l'avenir. Le songe de l'arbre qui pousse au-dedans, lui, mérite sa tendresse : les enfants ont toujours su que ce qu'on avale de vivant travaille à l'intérieur — les idées et les paroles poussent exactement comme ça.
La cueillette des cerises se fait en hauteur : l'échelle contre le tronc, le panier au coude, et les plus belles toujours plus haut — la branche qui plie, le barreau où l'on hésite. Rêver qu'on cueille des cerises en haut d'une échelle croise deux motifs sûrs : le fruit désiré et le risque mesuré. Les meilleures choses sont rarement à hauteur de main — c'est une loi d'arboriculture et d'existence — et chacun règle sa cueillette selon son vertige : se contenter des branches basses, monter au dernier barreau, secouer l'arbre. Le songe montre la stratégie en cours ; il laisse au réveil la question du cueilleur : les cerises d'en haut valent-elles, pour moi, le tremblement de l'échelle ?
Les cerises du voisin ont un goût que les siennes n'ont jamais : celui de la branche qui dépasse le mur, des fruits chipés en passant, du léger interdit qui sucre tout. Rêver qu'on cueille par-dessus une clôture, ou que des gamins pillent son propre arbre, met en scène la vieille économie du fruit défendu en version bénigne : le désir aiguisé par l'appartenance d'autrui. Ce rêve se déguste des deux côtés du mur — convoiter ce qui dépasse chez l'autre, ou découvrir qu'on est soi-même pillé et en tirer, souvent, une fierté cachée : on ne vole que les bons arbres. La coutume tranche d'ailleurs à l'amiable : ce qui dépasse chez le voisin lui appartient de droit, et se partage de fait.
Une paire de cerises à cheval sur l'oreille : la boucle d'oreille des étés d'enfance, la parure gratuite du verger. Le geste se transmet sans mode d'emploi — on l'a fait, on le refait faire. Rêver de cerises portées en bijou touche à la parure sans valeur marchande : les ornements que la nature offre et que l'enfance sait porter — couronnes de fleurs d'un autre songe, colliers de coquillages, cerises aux oreilles. L'âge adulte troque ces bijoux gratuits contre des carats. Le songe des cerises-boucles ramène la question en douceur : qu'est-ce qui me pare aujourd'hui sans rien coûter — et depuis quand n'ai-je rien accroché à mes oreilles juste parce que c'était l'été ?
Le clafoutis relance chaque juin la même querelle : noyaux ou pas noyaux ? Les puristes les gardent — ils parfument, disent-ils, et obligent à manger lentement ; les prudents dénoyautent pour les dents des convives. Rêver qu'on prépare un clafoutis, ou qu'on tombe sur un noyau en pleine bouchée, rejoue ce débat domestique qui en cache un plus large : faut-il servir les choses avec leurs difficultés dedans, ou tout ôter pour le confort de l'autre ? Les deux écoles s'affrontent dans les cuisines et dans les conversations — dire avec les noyaux, ou dénoyauter son propos. Le songe note simplement où le dormeur se range — et sur quel noyau, récemment, quelqu'un s'est cassé une dent.
Le cerisier ne se récolte jamais seul : les merles et les étourneaux tiennent la comptabilité de la maturité mieux que le propriétaire — au matin optimal, l'arbre est plein d'ailes. On peut tendre des filets, poser des épouvantails ; les vieux jardiniers haussent les épaules : ils prennent leur part, il en reste. Rêver d'oiseaux pillant un cerisier travaille le partage non consenti des récoltes : ce qu'on produit attire, ce qui attire se partage — les idées reprises, les recettes copiées, le temps grappillé par l'entourage. Le songe distingue les deux réponses possibles, filet ou haussement d'épaules, et penche souvent comme les jardiniers : l'arbre donne assez pour les merles et pour soi. C'est même à l'affluence des voleurs qu'on reconnaît les bonnes années.
Symboles liés
Vous avez fait un rêve marquant ? Obtenez une interprétation immédiate et gratuite ou demandez une analyse complète et personnalisée de votre rêve, rédigée à partir de votre récit et envoyée par e-mail.