Les catégories de rêves : guide complet selon Hanns Kurth
Rêves de nécessité, rêves prémonitoires, rêves de double vue, rêves originels : Hanns Kurth classifie et explique toutes les grandes catégories de rêves.
correspondant à la vision embryonnaire d'un sujet dans ses rêves. Le sentiment qu'a un bébé, au cours de ses premières semaines, de se trouver extrêmement mal et le souvenir, sans cesse renaissant, de traumatismes causés par un défaut de soins et de chaleur maternels sont à l'origine d'une propension ultérieure à sursauter, à avoir peur de l'obscurité, ainsi que de l'impression de ne pas pouvoir lever la tête. Ces sensations d'angoisse se manifestent avec une acuité permanente dès que l'obscurité, la fatigue et un contrôle moins rigoureux de la conscience interviennent durant la nuit.
Des recherches récentes ont prouvé que les enfants rêvent autrement que les adultes et que les bébés rêvent avant même leur naissance. On pense généralement que le bébé, avant sa naissance, fait le même rêve que sa mère ou un rêve similaire. Le parallélisme est indiqué par la similitude des mouvements involontaires des yeux - sur lesquels je reviendrai ultérieurement plus en détail - et par le rythme du cœur qui, chez l'enfant non encore né, réagit aussi vivement aux rêves que, par exemple, le cœur de la mère qui a un cauchemar. Il semble que plus tard, le thymus, glande située devant la trachée et qui s'atrophie chez l'adulte, exerce une influence déterminante sur les rêves spécifiques de l'enfant.
Chez le bébé qui dort, on peut observer des réactions très nettes telles que des sourires ou des gémissements soudains qui, la plupart du temps, sont suivis d'un réveil. Les enfants rêvent plus et d'une manière plus intense que les adultes, les nouveau-nés plus que les jeunes enfants. Alors que les bébés peu après leur naissance peuvent rester jusqu'à neuf heures dans un sommeil traversé par des rêves, les adultes, sur vingt-quatre heures, ne rêvent qu'une heure ou deux. Comme le bébé n'a pas encore «vécu», ses rêves et ses visions doivent nécessairement être différents de ceux de l'enfant d'un âge moyen et, à plus forte raison, de ceux de l'adulte. Le fait que le bébé rêve peut être prouvé par des méthodes scientifiques recourant à des techniques appropriées. Selon quelques chercheurs connus, le rêve de l'enfant en bas âge se nourrit de souvenirs remontant aux périodes antérieures de l'évolution dont l'humanité est issue.
Peut-être faut-il voir ici la clef du phénomène de la réincarnation. Comment pourrait- on expliquer autrement que des enfants prétendent avoir déjà vécu? En nombre extraordinairement élevé, des personnes, arrivant par hasard dans un lieu qu'elles ne connaissaient pas, ont eu la certitude d'y avoir été auparavant. Et elles ont eu le «souvenir» de détails qui ne les avaient même pas frappées dès l'arrivée et qu'elles ont trouvés seulement après une recherche longue et appliquée. Il en va de même de certains objets et de certains événements, dont les sujets affirment les avoir possédés ou vécus. Tout récemment, le professeur Ian Stevenson, un chercheur américain, a publié les résultats sensationnels de ses travaux. Il avait réuni au total six cents comptes-rendus de réincarnation, provenant du monde entier, notamment de Ceylan, du Brésil, du Liban et même de l'Alaska. On y constate que les rêves de réincarnation ne se produisent que chez les enfants de neuf ans au maximum.
Le parapsychologue américain Gerald Glaskin utilise avec succès une méthode qu'il a forgée lui-même pour susciter des rêves qui pourraient être interprétés comme des souvenirs d'une autre vie. C'est Jacqueline Parkhurst, parapsychologue anglaise vivant en Australie, qui a la première eu l'idée de susciter des rêves-souvenirs. La méthode est simple: elle consiste à faire masser le sujet par deux aides et, en même temps, à procéder à des exercices spirituels. Lorsque Glaskin lut la description rédigée par Mme Parkhurst, il resta tout d'abord sceptique. Mais en procédant à un essai sur lui-même, il se retrouva, dit-il, dans une civilisation de l'ancienne Égypte qui lui était inconnue jusque-là. Plus tard, en feuilletant un ouvrage sur l'histoire de l'architecture de l'ancienne Égypte, il découvrit des dessins d'édifices correspondant à ceux qu'il croyait avoir vus pendant qu'il se trouvait dans « l'état de conscience élargie».
Dans le commentaire qu'il a donné de la technique de Mme Parkhurst, Glaskin a dit «rêver consciemment»; le rêve se déroulait à la façon d'un film. Toutefois, Glaskin était à la fois celui qui projetait et celui qui voyait le film. Le résultat est une vision à trois dimensions dans laquelle on joue soi-même le rôle principal.
Selon la méthode conçue par Mme Parkhurst, le sujet doit être étendu sur le dos, avec un coussin sous la tête, et avoir ôté ses souliers. Un aide masse les chevilles du sujet, un autre, avec force, la «zone du troisième oeil » au milieu du front. On procède au massage avec le bord de la main demi-fermé «jusqu'à ce qu'un vrai bourdonnement se produise dans la tête». Après un moment de détente, les exercices spirituels commencent. Leur objet est de faire franchir à la conscience ses limites normales.
Des médecins spécialistes ont fait des réserves et conseillé de ne pas prendre pour sujets des personnes nerveuses ou instables. Si les visions suscitées par les massages et les exercices atteignent trop d'intensité, ils estiment que l'expérience ne doit pas être poursuivie. Les jeunes enfants rêvent souvent avec plus d'intensité que les adultes. Leurs rêves, en pareil cas, ne révèlent pas seulement des conflits de l'âme enfantine, ils constituent souvent aussi des signes psychologiques importants. La recherche moderne, dans le domaine du rêve, a mis au point des méthodes montrant que les enfants, même les tout petits, ainsi que les animaux, ont des rêves logiques qui leur font traverser tous les sommets de la joie et toutes les profondeurs de l'angoisse.
Comme il a déjà été souligné, les visions du rêve ne cessent de se répéter. Depuis un nombre incalculable de générations, ce sont toujours les mêmes images que l'on voit ou dont on rêve. Même si l'on n'a jamais raconté à des enfants des contes dans lesquels figurent des dragons, des monstres ou des paysages préhistoriques, il est possible qu'ils en rêvent. Dans la plupart des cas, ces rêves ne se produisent plus à un âge plus avancé.
Les jeunes enfants, de trois à cinq ans, sont souvent attaqués ou poursuivis par des bêtes sauvages. Très souvent par des lions, des tigres, des dragons, des crocodiles, fréquemment aussi par des chiens. Les enfants ont peur d'être assaillis ou blessés. Or souvent, la bête est seulement le symbole de quelque chose de grand et de puissant - en général, d'un éducateur bruyant et sévère dont l'enfant a peur. Ces bêtes peuvent avoir les caractéristiques de mâles ou de femelles - les vaches et les araignées appartiennent à la seconde catégorie. Les sorcières, par définition, appartiennent au sexe féminin. Si l'on a fait cette distinction, on peut en déduire que la personne dont l'enfant a peur est soit un homme, soit une femme. L'enfant, au cours de son développement, passe par une série de phases au cours desquelles il acquiert une indépendance croissante. La phase dans laquelle le bébé ou le jeune enfant a besoin de protection cède bientôt la place à celle de l'indocilité, dans laquelle l'enfant cherche de plus en plus à trouver et à affirmer sa propre personnalité. Si cet effort de libération est entravé, il en résulte immanquable- des rêves d'angoisse. Dans le cas où l'évolution est freinée, l'enfant reste craintif et timide. Ses rêves d'angoisse peuvent donner lieu à une affection chronique - dont le symptôme est la nervosité.
L'angoisse des enfants de cinq à sept ans est caractérisée en outre par la peur que quelque chose doive être coupé. De tels rêves se traduisent dans la vie pratique par le refus de se laisser couper les ongles des doigts et des orteils et les cheveux. C'est la phase de la sexualité inconsciente, dans laquelle le rôle déterminé par le sexe est mis en question. La peur d'être châtré se manifeste chez presque tous les garçons normaux, qui essaient ainsi de refouler leurs penchants érotiques. Mais les fillettes du même âge ont elles aussi des rêves dans lesquels quelque chose doit être coupé. C'est ainsi qu'une fillette de six ans rêvait d'un roi dont la barbe était coupée par une sorcière; là-dessus, le roi se métamorphosait en un soulier. La barbe et le soulier, dans les rêves des enfants, sont les symboles de l'appartenance à l'un ou l'autre sexe. Sigmund Freud l'a déjà noté.
Dans les rêves d'angoisse des enfants de sept à dix ans, la commande des forces motrices pose souvent un problème insurmontable. Il en résulte des rêves dans lesquels l'enfant, sur une trottinette, sur une bicyclette ou dans une voiture, dont la direction a été perdue, se déplace à toute vitesse vers un abîme. Plus tard, ce sont les rêves typiques de vol et de chute sur lesquels je reviendrai.
Les enfants de treize à seize ans ont souvent des rêves obsédants. Nous entendons par là des rêves qui donnent lieu à une situation contraignante chez la personne à son réveil. Celle-ci se comporte alors d'une manière tout à fait inhabituelle, différente de son comportement normal. Elle est soumise à une contrainte intérieure qui lui ordonne d'exécuter tel ou tel acte. Il existe toujours une relation entre cet acte et celui dont il a été question dans le rêve. Normalement, le corps de la personne qui dort ne participe que peu à l'action du rêve. L'enfant, tout comme l'adulte, peut courir, lutter, combattre, bondir en rêve, sans que les zones du cerveau qui, à l'état de veille, commandent les mouvements du corps, prennent une part active à l'action rêvée. Ce qui manque, c'est par conséquent, le couplage de la vision avec les centres réglant le mouvement. A l'issue d'un rêve obsédant, la personne qui vient de se réveiller peut, par exemple, hors de tout contrôle de la raison, sauter par une fenêtre, du fait qu'elle n'est plus en mesure de distinguer le rêve de la réalité.
Nous opérons, par conséquent, une distinction entre les rêves suscités par des désirs ou satisfaisant ceux-ci d'une part et les rêves obsédants ou oppressants d'autre part. Tous, ils peuvent être causés tant par des stimulations sensorielles extérieures, sentiment de bien- être ou de malaise physique, que par des choses vécues pendant la journée et refoulées ou par des conflits intimes, ainsi que par des traumatismes du premier âge qui émergent du subconscient et s'expriment dans le langage symbolique du rêve. Les rêves peuvent provoquer de l'angoisse, de la joie, du bien-être, de la jouissance, ils peuvent même apporter un soulagement à l'âme quand, par exemple, une menace est vécue en rêve et, de la sorte, extraite des profondeurs du subconscient et rendue inopérante. Car un conflit entre des forces opposées, dans l'âme de l'homme («J'ai deux âmes, hélas! en ma poitrine», a dit Goethe) peut conduire à une catastrophe si l'on ne parvient pas à placer ces forces sous contrôle. Tout ce qui a été refoulé et n'est pas encore remonté au niveau de la conscience claire, se situe dans l'inconscient. Si l'on n'est pas venu à bout d'une telle chose, si on ne l'a pas vraiment dépassée, elle cherche à remonter à la surface. Si un désir - parce qu'il ne peut être satisfait, qu'il n'est pas permis de le satisfaire en raison des normes en usage - ne trouve pas sa satisfaction dans la vie quotidienne, l'âme s'aide elle-même par un détour et parvient ainsi à satisfaire ce désir. L'âme trouve dans le sommeil des visions de remplacement, mais elle se rend bientôt compte que celles-ci sont une tromperie et les mêmes conflits réapparaissent sous une forme semblable.
Ce qu'un enfant a vu en rêve Un enfant a représenté sous cette forme un rêve qui revenait sans cesse : celui de devoir manger des betteraves rouges qu'il n'aimait pas. Cette contrainte était devenue pour l'enfant une idée fixe qui se concrétisa dans cette vision, où elle chercha et trouva une expression primitive.
Ce qui, dans le rêve, remplace la réalité est souvent très chiffré, surtout quand il s'agit de choses que l'on prend grand soin de cacher et dont on n'ose pas parler. Le rêve cherche des visions de remplacement qui souvent sont chiffrées au point de devenir méconnaissables. On ne peut pas discerner à première vue la relation qui existe entre la réalité, les conflits psychiques du sujet qui rêve et les symboles ou les projections de remplacement. Or, il est évident qu'une interprétation correcte du message chiffré que contiennent les visions du rêve ouvre la voie à la guérison du sujet psychiquement malade. Il n'est pas rare que des problèmes soient évoqués et résolus au cours de toute une série de rêves quand un seul rêve ne suffit pas à donner ce résultat.
Les rêves sexuels appartiennent en général aux groupes de rêves suscités par la circulation sanguine et par des stimulations externes et internes. Mais beaucoup de psychanalystes se refusent à l'admettre, par «fidélité», sans doute à Sigmund Freud, qui a déduit les connaissances fondamentales de la psychanalyse du rêve sexuel et, plus généralement, du problème sexuel.
Il convient de souligner ici que la femme rêve d'une manière complètement différente de celle de l'homme. Il y a chez la femme des rêves qui reviennent sans cesse, souvent à intervalles réguliers, et que l'on n'a jamais observés chez l'homme, à l'exception des cas où l'homme a une vie psychique nettement féminine et douce. C'est ainsi, par exemple, que les rêves en couleurs sont un phénomène que l'on observe surtout chez les femmes. Ce fait a son importance, car la vie intérieure de la femme est plus intense que celle de l'homme - sa vie affective est plus active. Une enquête statistique a démontré, en outre, que le daltonisme est cinq fois plus fréquent chez les hommes que chez les femmes. C'est dans des cas très rares seulement que celles-ci sont victimes de cette «maladie du siècle». La sensibilité de la rétine aux couleurs et le sens de la couleur sont nettement plus développés dans le cerveau de la femme que dans celui de l'homme. C'est ainsi que le psychologue spécialiste du rêve aboutit aux conclusions suivantes :
Questions fréquentes
Quelles sont les grandes catégories de rêves selon Hanns Kurth ?
Kurth distingue notamment : les rêves d'agression, acoustiques, d'angoisse, de soulagement, de chute, en couleurs, de vol, d'accouchement, de sorcières et fantômes, de réincarnation, musicaux, sexuels, et originels. Chaque catégorie a ses symboles propres et son profil d'âge caractéristique.
Les bébés rêvent-ils avant leur naissance ?
Oui, selon Kurth et les recherches qu'il cite : les bébés rêvent avant même leur naissance. Le rythme cardiaque du fœtus réagit aux rêves comme celui de la mère. Les nouveau-nés peuvent passer jusqu'à neuf heures par nuit dans un sommeil traversé de rêves, beaucoup plus que les adultes.
Pourquoi les enfants de 5 à 7 ans rêvent-ils qu'on leur coupe quelque chose ?
Selon Kurth (en accord avec Freud), ces rêves expriment une peur inconsciente de la castration liée à la phase de sexualité inconsciente. Les enfants de cet âge refusent souvent aussi qu'on leur coupe les ongles ou les cheveux — une manifestation parallèle à l'état de veille.
Y a-t-il une différence entre la façon dont les hommes et les femmes rêvent ?
Oui, nettement selon Kurth. Les femmes rêvent plus en couleurs, plus souvent avec des sons musicaux, et avec une intensité émotionnelle plus grande. Elles sont aussi plus sujettes aux cauchemars et aux rêves récurrents. Ces différences seraient liées à une sensibilité neurologique plus développée aux couleurs et aux émotions.
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